“La nuit, nous avons une autre vie”. Les figures Loumbo du Bwiti

Culte bwiti, Photo Michel Huet 1951ca. (2)Lumbu testa (2)
…un hommage à la beauté des filles Loumbo!

Originaires du royaume du Congo, comme les Vili et les Punu, les Loumbo ont migré, au cours de ces trois derniers siècles, vers la côte sud-ouest du Gabon, entre Ndindi (frontière du Congo) et Mayoumba, s’arrêtant au nord sur la rivière Nyanga et à l’est à Tchibanga.

Hubert DeschampsQuinze ans de Gabon (1839-1853)
Hubert DeschampsQuinze ans de Gabon (1839-1853)

Les Loumbo ont adopté la puissante société initiatique Bwiti des Tsogho voisins, et son support cultuel majeur: les paniers-reliquaires avec la statuette mbumba bwiti, ce qui est une allusion à la protection et au pouvoir.
(Gabon, cultures et techniques, Musée des Arts et Traditions, Libreville, 1969, p. 79 (n° Musée 68. 8b. 2).

Selon toute vraisemblance, le Bwiti initial pris naissance chez les Mitsogho quand après leur tradition orale ils atteignirent actuel territoire du Gabon. A cette époque le Bwiti initial était lui-même issu un syncrétisme qui devait ses origines au culte ancêtres (mombe) revalorisé par la découverte de l’iboga une part et par apport culturel acquis au cours des migrations des Mitsogho autre part. (Gollnhofer O., Sillans R. ,1965).

“Nous avons déjà indiqué que le Bwiti était une «religion», une «grande religion». Son but est de «voir». «Voir comme Dieu a fait le ciel et la terre, tu peux voir Dieu lui-même» ; les aspirants viennent trouver les initiés en les insultant et en demandant de «voir Bwiti» pour entrer dans la secte…
«Voir» est bien souvent entendu en un autre sens que celui d’une vision mystique, avec des préoccupations plus pratiques, lorsque l’on s’entretient de l’intérêt d’entrer dans le Bwiti: celui-ci fait «voir» amis et ennemis et permet ainsi de se défendre contre les entreprises de sorcellerie. On ne voit plus les autres avec leur visage habituel, mais on perçoit leur nature cachée.

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(Photo F. Gaulme, 1972)

L’iboga, (Tabernanthe iboga), plante hallucinogène de la famille des Apocynacées qu’ils consomment à la fois sous forme de râpure et de macération d’écorce de la racine), aurait également pour effet de dédoubler la personnalité: l’initié se voit «de l’extérieur et de l’intérieur» en même temps. Il permet enfin de voir ce qui se passe la nuit, car «la nuit, nous avons une autre vie».
Cette vue privilégiée est symbolisée par le miroir placé au centre des figurines du Bwiti. Un des avantages essentiels procurés par l’entrée dans le Bwiti serait là pour certains de nos interlocuteurs: améliorer sa sécurité personnelle par ce don précieux. Il est d’ailleurs bien connu de la tradition myènè: sous le nom d’okowe, «double-vue», elle l’attribuait aux chefs.
C’est ainsi également que l’on peut avoir recours au Bwiti pour la divination: il devient alors bwiti-misoko, comme le spécialiste du surnaturel, l’oganga, qui devient nganga-misoko lorsqu’il pratique la divination…

Le Bwiti est incostetabliment lié au culte des ancêtres, surtout dans la région littorale Sud du Gabon où une danse publique au moment des funérailles «permet de parler une dernière fois avec l’esprit du mort”. (Gaulme F,1979)

Courtesy You Tube

Pour la connaissance du rituel Bwti, v. Binet Jacques, Gollnhofer Otto, Sillans Roger. Textes religieux du Bwiti-fan et de ses confréries prophétiques dans leurs cadres rituels.. In: Cahiers d’études africaines, vol. 12, n°46, 1972. pp. 197-253.

Culte bwiti, Photo Michel Huet 1951ca.
Culte bwiti, Photo Michel Huet, 1951 ca.

Placés sous la responsabilité du Nganga, à la fois féticheur, juge, médecin, homme de pouvoir, les paniers-reliquaires étaient disposés lors des cérémonies dans une sorte de tabernacle au fond du temple du Bwiti ( mbandja). Ici, chaque trait accentue l’impact visuel signifiant aux initiés la puissance protectrice de l’effigie.
A l’acuité du regard répond la bouche ouverte rappelant l’absorption par les initiés de l’écorce iboga, tandis que la richesse de la polychromie reprend les couleurs dont les initiés se recouvraient le corps. (C.Falgayrettes-Leveau, 2006)

“Or, la représentation la plus ancienne que nous possédions d’un «Bwiti
dans sa case»
de la région du «Fernan-Vaz» est un croquis au crayon de Mgr. Le Roy, qu’il fit probablement en 1893, au cours d’une visite à la Maison Sainte-Anne et d’une tournée dans la lagune et ses alentours.

dessin de Mgr Le Roy
Bwiti dans sa case, (Fernan-Vaz), croquis de Mgr Le Roy, exécuté probablement en 1893, s. d., Archives Spiritaines, Paris (Photo Archives Spiritaines).

La statuette qui y figure évoque nettement les reliquaires bakota, ou mieux balumbo. Ceux-ci sans être ornés de cuivre comme les premiers surmontent cependant, eux aussi, une corbeille contenant les reliques d’ancêtres.
Le dessin de Mgr. Le Roy ne révèle pas la présence d’une corbeille sous la figurine, mais il est fort probable qu’elle se trouvait cachée par l’objet placé en avant-scène et gardé par un personnage accroupi…
Il n’est pas nécessaire de démontrer le caractère traditionnel de ces reliquaires et de leur aspect, d’ailleurs analogue à celui des figurines du bwete mitsogo, mais il convient d’apprécier leur importance sociologique, et mieux, politique, dans les cultures côtières du Gabon.
Andrew Battell nous apprend que, au début du XVIIe siècle, dans la ville de Mani Mayombe (Mayumba) , “il y a un fétiche appelé Maramba, il se tient dans un panier haut fabriqué comme une ruche, à l’abri d’une grande maison. C’est leur maison de religion, car ils ne croient qu’en lui, et gardent ses lois, et transportent toujours ses reliques avec eux”.

C’est là nous semble-t-il une allusion au mbandja, édifice abritant une statue reliquaire du type de celles que nous venons de décrire. Ce genre de culte ne se limite en aucune façon au pays mitsogo et paraît être ancien sur le littoral gabonais.

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Mbandja nkomi, Elomba, Fernan-Vaz, juillet 1972 (photo F. Gaulme).
Modèle assez ancien et de construction soignée. On remarquera les franges de raphia caractéristiques et qui sont liées au culte des morts. Courtesy F. Gaulme

Il est donc facile de lier le culte des ancêtres au Bwiti”.( In the town of Mani Mayombe is a fetish called Maramba, and it standeth in a high basket made like a hive, and over it a great house. This is their house of religion, for they believe only in him, and keep his laws, and carry his reliques always with them). E. G. Ravenstein, The Strange Adventures of Andrew Battell of Leigh, in Angola and the Adjoining Regions, Londres, 1901″ (Gaulme F,1979)

Le récit d’Andrew Battell est écrit et oral. Les versions orales sont présentées en 1613 à l’écrivain et géographe anglais Samuel Purchas qui en publie le résumé avec ses notes: Samuel Purchas, Purchas his pilgrimage, Londres, William Stansby, 1613, une description historique générale du monde. Purchas obtient ensuite le manuscrit d’A. Battell et le publie avec ses propres annotations, additions et altérations en 1625. En 1901, Ernest Ravenstein produit une édition moderne des deux documents, avec des notes d’une précision et d’une pertinence surprenantes, dans The strange adventures of Andrew Battell of Leigh in Angola and the adjoining regions, éd. par E. G. Ravenstein, Londres, Hakluyt Society, 1901.

Les Mbumba Bwiti

“La statuaire lumbu est surtout compose de ststues fétiches (nkisi), de reliquaries (mbumba) et d’amulettes (muswinga). Les kisi et les mbumba étaient entreposés dans des paniers sur les autels de sanctuaires; certains faisaient partie des objets rituels des nganga, les devins-guérisseurs. En lien avec les esprits de la nature et des ancêtres, ces objets connurent un âge d’or à la fin du XVIII siècle à Mayumba, lors du déclin du royaume de Loango, puis une rupture dès 1887 due au phénomène d’acculturation induit par la présence colonial de la France qui entraîna une degradation des coutumes locales des peoples de la côte.” (C. Grand-Dufay, 2015)

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Courtesy, AA.VV. “Art et Artisanat Tsogho”. RELIQUAIRE, mbumba, h. 17 cm ; diam. panier = 31 cm, provenance: près de Fougamou (Ngounié, centre Gabon).
Fonctions ou utilisations: est placé dans une chambre secrète du temple du culte de Bwété. Les grands initiés lui font des offrandes et des prières pour que le néophyte ait facilement des visions de l’au-delà. Matériaux : bois de gésanga (Ricinodendron qfiicanum Muell. Arg.) coloré à la sciure rouge de padouk tsingo. Ossements enveloppés d’une plaque de cuivre attachée avec des lianes kotaghota. Panier de rotin commun (Eremospatha Cabrae De Wild).

Nommée mbumba (“arc-en-ciel”), la statue Loumbo qui les domine se caractérise par un visage féminin à la beauté idéalisée, polychrome, aux yeux incrustés de fragments de miroir, réminiscences de la statuaire Kongo, paré d’une large coiffe en casque à couvre-nuque, striée de nattes et séparée par un sillon median rehaussé de ocre rouge.
Branly 32 cm
cm 46

De forme longiligne, le cou et le tronc sont cylindriques. Les bras, aux mains schématisées, détachés du corp, sont tendus en avant sous la poitrine pointue.Des trous aux mains et au front servaient à des ornements rapportés.

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Le culte des ancêtres et des statues reliquaires étaient très actif dans le sud-ouest du Gabon, région de Tchibanga, où l’on venait leur faire des offrandes.
Il était fréquent qu’au décès du Nganga (s’il n’avait pas de successeur), la statuette mbumba bwiti soit inhumée avec lui, ce qui explique le corpus très très restreint de ces œuvres.

 

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Figure de reliquaire Loumbo, mbumba bwiti, Région de Tchibanga, Gabon sud-ouest. Bois, kaolin, pigments couleur, miroir, éléments végétaux du panier- reliquaire
Hauteur: 43 cm, coll. Zurich, Suisse

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Une figure très puissante, la mbumba. P. Birinda écrite:

“Le fétiche de M’Boumba est formellement interdit par le Bouity (Bwiti), mais, [ … ]pour user de la puissance de M’Boumba (mbumba), il faut posséder les plus hautes sciences spirituelles être Moussoumbi, maître en Muniambi, qui n’est pas une «religion», mais une «science» qui a une «doctrine commune» avec le Bouity et qui donne leur pouvoir aux «rois>.

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Bibliographie

-Gollnhofer O. et Sillans R: Recherche sur le mysticisme des Mitsogo peuple de montagnards du Gabon central Afrique equatoriale in D. ZAHAN éd Réincarnation et vie mystique en Afrique noire Colloque de Strasbourg 16-18 mai 1963,) Paris 1965 pp 143-173.
-Gaulme F. Le Bwiti chez les Nkomi: association cultuelles et évolution historique sur le littoral gabonais In: Journal des africanistes, 1979, tome 49, fascicule 2. pp. 37-87.
-Binet J., Gollnhofer O., Sillans R. Textes religieux du Bwiti-fan et de ses confréries prophétiques dans leurs cadres rituels.. In: Cahiers d’études africaines, vol. 12, n°46, 1972. pp. 197-253.
-Birinda P., La Bible secrète des Noirs selon le Bouity, pag.110, Paris, 1952
-Gollnhofer O., Sillans R., Sallée P., Perrois L. Art et Artisanat Tsogho, Orstom, 1975
-Falgayrettes-Leveau C., Gabon, presence des esprits, pp. 130-141, Dapper éd. Paris, 2006)
-Grand-Daufy C., La statuaire lumbu. Une art tout en finesse révélé au débout du XX siècle, in Tribal Art, pp. 114-127, n. 77, Automne 2015

 

Lumbu testa

Elio Revera

Description des sculptures, de gauche à droite, de haut en bas. Courtesy:
Coll. particulière, 46 cm, Milan, Italie
Coll. quai Branly, 32 cm, photo CI.B. Hatala
ex Coll. H. Goldet, 65,5 cm, photo T. Goldet
Coll. P. Amrouche, 54 cm, photo B. Veignant

 

Lumbu retro

Semplifico dunque capisco…poco!!

Perchè abbiamo bisogno di semplificare la complessità?
Questa domanda può ragionevolmente ricevere un migliaio di risposte. Qui ne darò una soltanto, perchè è più tranquillizzante!

Cosa c’entra tutto ciò con l’arte classica africana?

Molto più di quanto si immagini.

Come si è regolato l’occidente storico/politico/religioso e di seguito quello mercantile, nei confronti della cultura antropologica, culturale ed artistica del continente africano, se non semplificare?

Prima tracciando comodi confini, poi dividendo popoli ed etnie, infine classificando rigide culture, tradizioni ed origini.

Come è tutto rassicurante! Come tutto torna!

I Fang di qua…i Kota di là!
Gli Hemba a nord…i Luba a sud…ed i Songye di mezzo!
Bello no!…tutto torna, tutto si spiega.

Ma cosa torna? Ma cosa si spiega !!!

Messa così la storia culturale ed artistica dei popoli assurge a parodia, a commedia, a ridicola messa in scena.

E dal momento che mi interesso di arte, un solo esempio, tra i mille possibili, proverò ad illustrare qui di seguito.

Guardate queste due immagini, anzi i particolari di due volti.

Tengo a precisare che sia queste immagini che le successive sono state volutamente prese senza particolari attenzioni fotografiche (inclinazione o posizione) proprio per evidenziare come coincidenze e difformità siano riscontrabili tout-court.

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Che dire? Non fosse che per alcuni dettagli di colore, parrebbero lo stesso oggetto in due inquadrature diverse!
Chi potrebbe immaginare che al contrario i due oggetti sono divisi da rigidi confini ben tracciati…il Gabon ed il Congo Brazzaville!!!

Ma continuiamo allargando l’immagine…ora differenze e similitudini sono più evidenti tra i due manufatti.

Qualcuno tra voi lettori riesce ad affermare ragionevolmente, che le culture di questi due popoli sono così immemori l’una dell’altra? Non hanno cioè matrici culturali, estetiche e formali in comuni origini?

Eppure appartengono a nazioni diverse e per noi occidentali il Congo è il Congo ed il Gabon il Gabon …che diamine!!!

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Ora appare svelato il mio intendimento e come tanto ancora ci sia da indagare e conoscere delle culture di quei lontani popoli.
Ora è chiaro attraverso le immagini quanto siano profonde le comuni origini culturali/antropologiche dei popoli che mai nessuna divisione politica e geografica, nessuna banale semplificazione, potranno mai appianare.

In un recente lavoro, Carlo Rovelli, sottolineando l’importanza del “dialogo” tra le teorie interpretative della fisica  di ieri e di oggi, ha scritto che ciò vale anche tra le culture – Le frontiere tra teorie, discipline,epoche, culture, popoli, persone, sono terribilmente permeabili, ed il nostro sapere si nutre degli scambi attravero questa permeabilità. Anzi, ha precisato, – Il sapere è il risultato in continua evoluzione di questa fitta rete di scambi.

Ma concludiamo con le immagini integrali dei due oggetti, che certo tanti avranno già identificato.

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Maschera di danza Okuyi della cultura Punu, Gabon, appartenente al Museo del quai Branly, raccolta nel 1930.Courtesy, “Punu. Visions d’Afrique” di L. Perrois e C. Grand-Dufay , 5 Continents ed.

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Sommità di figura della danza rituale Kébé Kébé della cultura Kuyu, Congo Brazzaville. Courtesy Denise e Beppe Berna Gallery.

“Deux boumaneoussi se sont retirer dans la brousse ou deux d’entre eux s’habillent de l’éboula, c’est à dire de la vaste toile faite de pagne de rafia qui tombe à longs plis autour du corps. Au sommet du pagne de l’éboula, surgit la tête de l’éouya, c’est à dire une tête de bois sculptée comme une tête de Kouyou. Sur cette tête sont piquées de plumes de poules qui portent le nom de miododos. le vaste pagne de l’éboula s’appelle aussi mokanda, c’est à dire peau, parce qu’elle représente le mokanda na djo, la peau de serpent… Un des capitas ou kani-mé-koutou quitte sa place et muni d’une cloche en fer va chercher l’un des éouyas. Il l’invite a entrer dans la danse. Il l’emmène au milieu des groupes, le visage tourné vers lui, en marchant à reculons et en frappant de la cloche en fer, à coups égrenées. Le serpent vient à lui, l’homme recule. L’homme s’avance, à l’air de menacer le serpent, celui-ci lui résiste…Le serpent qui a sauté jusqu’alors se couche tout à coup. Il se met a tourner à une vitesse vertigineuse. Le vaste pagne de l’éouya se gonfle au vent et rase le sol, la tête de l’éouya tourne en frôlant la terre. Dans le public, des voix excitent l’éouya a tourner. Son mouvement de rotation augmente encore de vitesse. Quand il ne peut plus tourner, il tombe à terre épuisé. La foule l’ovationne: ô ô ô ô ô ô .” (pp. 299-300, 1920. Poupon, M. A. “Etude Ethnographique de la Tribu Kouyou (suite).” l’Anthropologie, Vol. 29.)

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Courtesy RAAI, James J. Ross Archive of African Images 1590 – 1920

« Two Boumaneoussi go into the jungle where two of them are dressed in ’éboula, that is to say with the immense cloth made into a rafia loincloth that falls in long pleats around the body. At the top of the ‘eboula’ loincloth, springs up the head of the ‘éuoya,’ that is to say a wooden head sculpted like a head of Kouyou. The feathers of hens which carry the name of ‘miododos’ are stitched to this head. The immense loincloth of ‘l’éboula’ is called ‘mokanda,’ which is skin, because it represents the ‘mokanda na djo,’ the skin of the serpent…One of the ‘capitas’ where Kani-me’-koutou leaves his place and, supplied with an iron bell, goes to look for one of the ‘éouyas.’ He invites it to enter in the dance. He brings it to the center of the groups, the face turns towards him, backing away and hitting the iron bell, with successive blows. The serpent comes to him; the man recoils. The man advances with a menacing air towards the serpent that resists him…The serpent which has jumped until now lies down instantly. He begins to turn with a vertiginous speed. The immense loincloth of the ‘éouya’ becomes inflated in the wind and hugs the ground; the head of the ‘éouya’ turns, brushing the ground. In the audience, voices excite the ‘éouya’ to rotate. His rotating movement continues to increase in speed. When he can’t rotate anymore, he falls to the floor exhausted. The crowd gives him an ovation: ô ô ô ô ô ô .” (pp. 299-300, 1920. Poupon, M. A. “Etude Ethnographique de la Tribu Kouyou (suite).” l’Anthropologie, Vol. 29.)

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Courtesy RAAI, James J. Ross Archive of African Images 1590 – 1920

Certo, oggetti molto diversi, entrambi però ritualmente legati a danze propiziatorie, ma separati geograficamente da confini e da migliaia di chilometri ed appartenenti, inoltre, a popoli diversi.

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Come ha scritto frére A. Cornet nell’introduction du catalogue par la Galerie Leloup sur l’exposition “Kongo”, edité en juin 1998:
“L’art Kongo est sans doute le plus fécond de tous les arts du centre de l’Afrique. Son aire géographique épanouit sur cinq pays différents la République démocratique du Congo, la République Populaire du Congo, la République Angola, le Cabinda et la République gabonaise.
Au départ il y eut le grand Royaume de Congo que les Portugais la fin du xve siècle furent très surpris de découvrir avec ses structures administratives et la décentralisation de multiples provinces ferments expressions humaines multiples dont art était élément le plus révélateur.
Certes à époque les Européens étaient infiniment éloignés une vraie compréhension Il faudra attendre le xxe siècle pour que art kongo prenne sa place parmi les meilleurs.”

Ma se la semplificazione non spinge oltre l’indagine, non correremo in tal modo il rischio di ritrovarci con un ramo secco tra le mani, dimenticando che quello stecco apparteneva in origine ad un frondoso albero verde?!

Gall Carel van Lier Kuyo 1927 Amsterdam

Elio Revera

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Kuyu, Kébé Kébé dance

Yaka people, Kholuka mask, Democratic Republic of Congo

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end of 19th century – early 20th century
Wood, painted in white, blue and ocher, cloth and fibers
H. 15,7 in/40 cm
Private Collection Milano
Photo by Luca del Pia
Arti delle Mani Nere All Rights Reserved

Provenance:
– Formerly in the collection of Henry Jacob (1969), Belgium
– Didier Claes, Bruxelles, Belgium
– Renaud Vanuxem, Paris, France

Exhibition:
– Claes Gallery – Exposition Yaka & Suku – Sablon “Rive gauche” 29-31 mars 2012
Bruneaf XXII, 6th-10th June 2012, Bruxelles

This mask is from the northern Yaka more likely from the Munene chiefdom, and was part of a set of masks, generally paired in the celebrations following the initiation of young males in Nkanda. The ceremonies are intended to further the adolescents’ social and physical maturity, and in particular to insure their virility as a guarantee of the community’ future.

The northern Yaka consider the kholuka mask to be one of the most significant types used in this context. It is worn only by the supervisors of the initiates. Its dance concludes the ceremony that marks the end of seclusion.
The dances are accompanied by songs concerned with adult masculinity, intended to confirm the new social status of the young men.

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Like other Northern Yaka masks of this type, it combines carved elements with other parts: raffia, cloth, resin: here, the fabric coiffure coated with richly polychrome is composed of a central crest and two antenna-like projections “mizaanga” o “migaandi” on either at the other. The colors and the various elements of the mask have symbolic meanings related to the Yaka cosmogony.

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The carved face is mounted on a circular framework and is related to fertility, femininity and there is reference to the moon in the frame that encircles the mask while the sharply upturned nose could be linked to the symbolism of the elephant that is an allusion to the male sex.
About the mouth is possible to observe the absence of central teeth in the upper jaw: in fact children’s teeth were removed because of tetanus, so as to have a way in which to introduce the drug once taken the infection.
All various exaggerated features speak to desirable characteristics of the young initiated male.
At the same time, the composition encompasses a variety of elements of both male e female connotation, pointing to an androgynous character that mitigates the emphasis on masculinity expressed in the ritual.

The collar of raffia that hid the wooden handle to manipulate the mask was withdrawn (the raffia share symbolic associations with the fertile palm-tree). This allows to fully appreciate the quality of the sculpture and its volumes, favoring a play of lines and shadows, especially on the circular edge of the face and the elegant twist of the nose.

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Bibliography:

– BIEBUYCK, Daniel B., 1985, The Arts of Zaire, vol I: Southwestern Zaire, Berkeley/Los Angeles/London.
– BLADES, Richard, 1985, “Yaka”, in Herbet Cole (ed.), I am not myself. The Art of African Masquerade, Museum of Cultural History, UCLA, Los Angeles, pp. 78-82
– BOURGEOIS, Arthur P., 1984, Art of the Yaka and Suku, Alain et Françoise Chaffin editeurs, Paris
– BOURGEOIS, Arthur P., 1993, “Mask and Masking among the Yaka, Suku and Related Peoples”, in Frank Herreman and Costantijn Petridis (eds.) Face of the Spirits, Masks from the Zaire Basin, Ethonographic Museum, Antwerp, pp. 49-56
– CORNET, Joseph, 1973, Afrikanische Kunst. Schätze vom Zaïre, Geneva.
– GARDI, Barnhard, 1986, Zaïre. Masken, Figuren, Museum für Völkerkunde und Schweizerisches Museum für Volkskunde, Basel.
– PLANCQUAERT, M., 1930, Le Sociétés secrètes des Bayaka, Louvain.

Yaka people, Maschera KHOLUKA, Repubblica Democratica del Congo

fine 19th secolo – inizio 20th secolo
Legno colorato di bianco, blu e ocra, tessuto e fibre,
H. 40 cm
Collezione Privata Milano
Photo by Luca del Pia
Arti delle Mani Nere All Rights Reserved

Provenienza:
– Collezione Henry Jacob (1969), Belgio
– Didier Claes, Bruxelles, Belgio
– Renaud Vanuxem, Parigi, Francia

Esposizioni:

– Claes Gallery – Exposition Yaka & Suku – Sablon “Rive gauche” 29-31 mars 2012
– Bruneaf XXII, 6 – 10 giugno 2012, Bruxelles

Questa maschera proviene dagli Yaka del nord, molto probabilmente dallo chiefdom Munene, e faceva parte di una serie di maschere, generalmente associate alle celebrazioni successive all’iniziazione dei giovani maschi dette Nkanda. Le cerimonie hanno lo scopo di promuovere la maturità sociale e fisica degli adolescenti, ed in particolare devono assicurare la loro virilità come garanzia del futuro della comunità.

Fra gli Yaka settentrionali, la maschera kholuka è considerata una delle più importanti utilizzate in questo contesto. E ‘indossata solo da colui che vigila gli iniziati. La sua danza conclude la cerimonia che segna la fine del periodo di segregazione dei ragazzi.
Le danze sono accompagnate da canti che parlano della mascolinità degli adulti, destinati a confermare il nuovo status sociale dei giovani.

Come altre maschere di questa tipologia, vengono combinati elementi scolpiti con le altre parti: rafia, stoffa, resina: qui, la pettinatura in fibre presenta una ricca policromia ed è composta da una cresta centrale e da due antenne “mizaanga” o “migaandi ” poste su entrambi i lati. I colori ed i vari elementi della maschera hanno significati simbolici legati alla cosmogonia Yaka.

Il volto scolpito è incorniciato in una struttura circolare (un riferimento alla luna), e sarebbe da rapportarsi alla fertilità e femminilità, mentre il naso all’insù potrebbe essere legato al simbolismo dell’elefante, che è un’allusione al sesso maschile.
In merito alla bocca è possibile osservare la mancanza dei denti centrali nell’arcata superiore: infatti i denti dei bambini erano rimossi a causa del tetano, in modo da avere una via in cui introdurre il farmaco una volta presa l’infezione.
Tutti questi elementi “esagerati ed eccessivi” si riferiscono alle caratteristiche desiderabili del giovane maschio iniziato.
Allo stesso tempo, la composizione comprende una varietà di elementi di connotazione sia maschile sia femminile, indicando un carattere androgino della maschera, teso a mitigare l’accento sulla mascolinità espressa nel rituale.

Il collare di rafia che nascondeva l’impugnatura di legno utilizzata per reggere la maschera è stato tolto (la rafia è simbolicamente associata con la fertile palma). Questo permette di apprezzare appieno la qualità della scultura e i suoi volumi, favorendo un gioco di linee e ombre, in particolare del bordo circolare del viso e la torsione elegante del naso.

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Le lacrime del Kota

Quelle “lacrime” che si vedono su alcuni reliquiari Kota, specie su quelli provenienti dalle terre Kota più meridionali, come quelli Obamba o Ndassa… cioè quelli più afferenti all’area culturale Teke, meritano un ulteriore approfondimento ( v. https://artidellemaninere.com/2015/08/10/testa-e-croce-nelle-cultura-funeraria-kota/).
Dopo il confronto con appassionati della cultura Kota, due, in sostanza, rimangono le interpretazioni possibili.
La prima è quella che considera le “lacrime” delle scarificazioni facciali, tali e quali a quelle sui volti delle figure della cultura Teke.

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La seconda interpretazione è che questi segni sotto gli occhi del reliquiario, invece, siano in un certo senso riferibili all’iconografia cristiana, come ho scritto nell’articolo citato dove scrivevo che ovviamente tutto questo non significa affatto l’attribuzione di un sia pur recondito significato religioso cattolico ai Kota; niente di tutto ciò se non l’innato sincretismo della creatività dei popoli africani che spesso hanno tradotto in forme artistiche autoctone gli stimoli provenienti da altre culture che evidentemente avevano colpito la loro fantasia ed immaginazione.

Il confronto ha però fatto emergere una terza possibile interpretazione.

Quei segni sono si riferibili alle lacrime, ma la cultura che li ha generati rimane quella tribale.

Volto6

Vale a dire, questi Kota con le lacrime sarebbero in realtà non soltanto i reliquiari custodi delle ossa degli antenati, ma anche figure investite di significati secondari, e nello specifico, del significato di scrutare il mondo dell’invisibile.

Sono note alcune pratiche rituali riservate ad iniziati che facevano ricorso a polveri e sostanze urticanti che provocavano inevitabilmente al contatto del viso la lacrimazione degli occhi. Attraverso la pratica magica del rito, però, l’iniziato stesso era in condizione di accedere al mondo dell’ invisibile, a quello degli spiriti.

Questa tipologia di raro reliquiario, di conseguenza, come ha acutamente sottolineato un amico specialista di quest’area, costituirebbe una figura le cui caratteristiche sarebbero quelle di the Kota would then insist on its ability to see the unseen world.

Come ognuno può notare, è intricato quanto affascinante l’approfondimento di queste tematiche, il cui svelamento non può procedere che per ipotesi, confronti e deduzioni …misteriosi al dunque, quanto gli occhi sbircianti del Kota.

Elio Revera

Volto5

English version

Tears of Kota

The reference to the “tears” that you see on some Kota reliquaries, especially those most southern Obamba, Ndassa … that is the most related to the cultural Teke, deserves attention (v. https://artidellemaninere.com/2015/08/10/testa-e-croce-nelle-cultura-funeraria-kota/).
In light of interesting comparisons with qualified specialists of culture Kota, there are two possible interpretations.
The first is what he considers the “tears” of facial scarification, such as those found on the faces and figures of culture Teke.

testa con scarificature 1907
P. Picasso, Testa con scarificazioni, 1907

The second interpretation is that these signs before the eyes of the reliquary is in a sense related to Christian iconography, as I have shown in the work related to this. Obviously this does not mean the assignment of an albeit hidden religious meaning to the Catholic Kota; none of this if not the syncretism of the innate creativity of the African peoples who have often translated into art forms indigenous knowledge from other cultures who had obviously hit their creativity and imagination.

The comparison, however, has revealed a third possible interpretation.
Those signs are tears, but the culture that created them is tribal.

Namely, these Kota tears would actually not only the reliquaries that hold the bones of the ancestors, but also the figures invested with meaning “secondary”, and specifically, the meaning to scrutinize the invisible world.
Known ritual practices were reserved for initiates who use substances stinging, which generated inevitably eye tearing, but that allowed the initiate himself to penetrate the world of the ‘invisible, that of spirits.
This type of rare reliquary, consequently, would figure that a dear friend, who now intends to remain anonymous, considers ” the kota would then insist on its ability to see the unseen world”.

As anyone can see, intricate and fascinating is the deepening of these issues whose disclosure may not proceed to that hypothesis, comparisons and deductions … mysterious as the searching eyes of Kota.

Elio Revera

Territorio
Gabon, 1884