Una falce di luna nel cielo dei Pende

Un importante ambito artistico  del popolo Pende della Rep. Dem. del Congo centro-occidentale si riferisce agli oggetti decorativi:  i sifflet, gli amuleti, denominati ikhokho, entrambi in avorio e le asce, insegne di potere. L’aggettivo “decorativo” non è da intendersi nella sua mera definizione di oggetto di abbellimento, dal momento che nella cultura delle arti tradizionali africane quasi tutti gli oggetti prodotti assumevano anche uno specifico significato rituale ed una peculiare valenza simbolica.

 

Pende 30 cm Hans Wende, Düsseldorf, Germany

 

Le insegne di potere degli chief, herminette o hache,  si distinguevano dallo strumento di uso comune, per essere  scolpite sulla sommità e con la lama più o meno allungata a forma di falce di luna. Herminettes ed asce di questa tipologia facevano infatti parte delle insegne di potere denominate anche “il tesoro del capo”, il  kifumo o uwata.

 

.Pende dx

Il volto scolpito sulla sommità di questa herminette (cm.31), esprime una tranquilla serenità e pare accennare ad un enigmatico sorriso; la linea di demarcazione che solca la fronte,  tipica dello stile katundu, si nota anche sulle maschere giwoyo e muyombo. Il ferro inserito sotto il mento, invece di essere posto in bocca, è un impianto stilistico che si trova soltanto sulle asce che riproducono una maschera; forse, lo scultore ha  voluto richiamare la particolare forma della  maschera giwoyo (L. de Sousberghe, L’Art Pende, Bruxelles, 1959).

Interessanti sono anche le coiffures  molto variegate, a seconda delle zone di appartenenza: a piccole trecce a costituire una calotta intorno al capo, nella  regione Kilembe; Pende tre quarti a corna dritte sulla testa, presenti nella chafferie di Sangu-Mvudi; a lunghe trecce parallele, come quelle che appaiono sull’ascia del re Pindi di Mazinga, sulla  riva sinistra del Kwilu. Il capo Pindi è qui ritratto con tutte le sue insegne  di potere, a dimostrazione di come questi oggetti fossero destinati unicamente alla regalità.

.Re pindi di Kilembe

 

Le scarificazioni a forma di croce, presenti sul volto, meritano un’ultima considerazione: la mia interpretazione è che queste incisioni  siano retaggio della cultura Lwena-Chokwe, popoli  che a volte scolpivano anche per quelli viciniori.

 

Lwena scarificazioni (2)Lwena scarificazioni

 

Un’altra dimostrazione questa, dell’interculturalità delle genti d’Africa, spesso divise da confini tracciati con motivazioni storico/poltiche, piuttosto che nel rispetto delle culture e delle etnie di quei popoli.

 

Elio Revera

 

 

Pende frontale

 

Annunci

Se gira la testa…ahi…ahi!!

a1_DSC_6399

Questa tipologia di statua, del central Congo, con la tête tournée, denominata N’kisi,  è espressione delle regioni occidentali e meridionali dei paesi Songye (principalmente Milembwe e Belande, in particolare tra gli Eki di Kabinda). Intriga l’osservatore per la particolarità della postura della testa, volta a sinistra in questo caso, ma esistono altre statue col capo girato a destra.

 

a1_DSC_6398

 

Il significato di questa posizione non è univoco ed alquanto enigmatico. Secondo Willy Mestach, queste figure personificano  uno spirito terribile e malefico, espressione di intenzioni celate e menzognere (Etudes  Songye, Monaco 1985). Quale che sia il suo reale significato, rimane il fatto che questo nkshi esprime l’inconsueto e l’imprevedibile, tale è la sua deviazione dalla norma del canone statuario che prevede la frontalità  tipica di tutta la produzione Songye e non soltanto Songye.

IMG_1414

 

La presenza poi del corno di antilope, di bufalo o di capra infilato sulla sommità della testa con la punta verso il basso e riempito da imprecisate sostanze magiche nella metonimia songye, interpreta forse la volontà di captazione dell’energia, della conoscenza e della potenza delle forze dell’invisibile (C.M. Faik-Nzuji. La puissance du sacré, l’homme, la nature e l’art en Afrique noire, Bruxelles, 1993).

In questo caso, probabilmente, a danno del destinatario.

Elio Revera

Arts Traditionnels d’Afrique Noire Subsaharienne

Tout collectionneur rêve un jour de voir l’un de ses propres objets déjà photographié 100 ans plus tôt lors d’une sortie de masques au cœur du Congo ou du Mali (il ne faut pas trop rêver quand même). Cela-dit, il est parfaitement légitime d’apprendre en regardant comment les masques ont dansé, selon l’expression consacrée. En l’absence d’internet , la solution consiste à se créer une bibliothèque (toujours indispensable bien entendu) d’ouvrages généralistes, de monographies et de revues comme Tribal Arts. Comment dès lors trouver gratuitement des trésors en argentique sur Internet ?

Être prudent et ne pas surinterpréter

En guise de liminaire, on se doute que cette recherche a souvent pour fonction de légitimer l’authenticité et/ou de faire prendre de la valeur. Sur ce point, grande est la tentation de faire parler les photos au delà de ce qu’elles peuvent exprimer. Je prends pour exemple cette fameuse photo de champ où l’on voit des masques Songe (Songye) alignés tels des enfants à l’école primaire. Rien de moins naturel que cette pose ! Le fait que la photographie soit ancienne ne garantit pas au sens strict que les masques photographiés ont dansé (j’aurais quand même tendance à le présumer compte tenu du fait qu’il sont complets).

Les photos de champ avec des objets exposés sont anciennes : cette fameuse photo (1) montre aussi que des objets destinés à être vendus aux européens au début du XXème siècle (environ 1910), donc “considérés comme non authentiques”  (made for the market), ont de sérieuses ressemblances avec des vedettes des plus grands musées (voir ici le cas du masque Vili du Quai Branly). Que doit-on en déduire ? La prudence est de mise…

 La comparaison avec le masque Vili, ancienne collection A. Lefèvre (N° inventaire : 73.1965.10.5) du Quai Branly pose la question de l’authenticité au delà de celle de l’ancienneté.

Dernière précaution (mais essentielle) : ne pas confondre date de la photo, date de la publication et date de création de l’œuvre d’art. Une photographie ne peut certifier qu’une seule chose : l’objet en question est au moins aussi ancien qu’elle, mais pas plus ! Dans le cas précédent (masque Vili), sa présence sur un étal ne permet en rien d’affirmer qu’il a été fabriqué “récemment” pour être vendu ou qu’il a dansé.

Quelques liens intéressants

Une fois ces considérations de prudence faites, on peut commencer à se promener sur le Web qui constitue un outil formidable pour dénicher de belles photographies, le plus dur étant de leur attribuer un auteur, une date ou un ouvrage notamment lorsqu’elles viennent de sites généralistes (type Pinterest).

Parmi les sites consacrés à l’Art africain traditionnel, notre favori en ce qui concerne les photos de champ est le site Yale RAAI réalisé par Jim Ross (lien ici). On y trouve parmi les plus anciennes photographies de champ avec références précises et même débats entre spécialistes. Un must.

Le site SIRIS (lien ici) du Smithonian institute offre de très belles photographies aussi, notamment une collection impressionnante de photographies d’Eliot Elisofon et de Léon de Sousberghe.

Bien connue, mais uniquement après inscription, la Yale Van Rijn Archive (lien ici) offre une multitude de photographies exceptionnelles avec d’excellentes références. En outre, elle constitue aussi un must car elle recense une quantité extraordinaire d’objets issus des musées, catalogues et grandes expositions.

Côté français, la base ULYSSE (lien ici) recense des archives de la période coloniale peu connues et intéressantes.

Du côté des généralistes, on peut trouver assez facilement des photographies de champ sur Pinterest qui est beaucoup plus intéressant que FB pour effectuer des recherches (inscription gratuite nécessaire ici) . Ma propre page recense environ 500 photos ethnographiques (lien direct ici).

Je recommande aussi de visiter la page Pinterest de Huib Blom (lien ici), très bien classée en groupes ethniques et mélangeant œuvres d’art et photos ethnographiques.

 N’oublions pas nos amis blogueurs qui régulièrement publient des photographies anciennes : François “Sanza” Boulanger, détour des mondes, randafricanart, artidellemaninere , Bruno Claessens

L’arte al servizio dell’arte

Voglio condividere con voi due splendidi lavori dell’artista italiana Deborah Dainese. Sono due disegni ispirati da due maschere che ho in collezione: Landuman e Nunuma.  Deborah le ha perfino rese più belle! Grazie…è il caso di affermare…l’arte al servizio dell’arte!

 

IMG_1337Landuman

Gurunsi NunumaIMG_1336

 

I would like to share with you, my readers, these two wonderful drawings made by a talented italian artist, Deborah Dainese. These are two masks from my private collection substantially improved by her art. Thank you so much, I am sure that who made the masks would agree with me!

 

Elio Revera

« AFRIQUE, à l’ombre des dieux » par Philippe Bourgoin

fff

Ospito con grande piacere questo lavoro di Philippe Bourgoin, che ringrazio, dedicato alla recensione di un volume estremamente interessante, a cura di Nicolas Rolland,  che illustra l’esperienza della Congrégation du Saint-Esprit, conosciuta anche con la denominazione di Spiritani, in Africa Equatoriale e Centrale. (e.r)

La Congrégation du Saint-Esprit a fait de l’Afrique noire sa principale terre de mission. À partir des années 1840, les Spiritains rayonnent sur tout son territoire, en particulier au Gabon, en Angola, en Oubangui et au Congo. Mais, quelle a été la contribution des missionnaires au champ de l’ethnologie africaine ? Ces hommes et ces femmes qui quittaient l’Europe, au cours de la seconde moitié du XIXsiècle et au début du XXsiècle, partageaient les perspectives étroites de leur temps et les préjugés, souvent négatifs, de leurs contemporains sur ces peuples et leurs traditions religieuses. Cependant, beaucoup firent preuve d’une réelle curiosité et cherchèrent à comprendre, sans préjugés, les mœurs, la langue, les coutumes et les croyances des communautés au sein desquelles ils venaient vivre. Ce n’est pas un hasard si l’on compte parmi ces pionniers nombre de précurseurs de l’anthropologie et de la linguistique. Si leur activité consistait avant tout à transmettre un message religieux, leur situation leur procurait de nombreuses conditions favorables à une bonne observation ethnographique. Ainsi, certains devinrent parfois ethnologues, en recueillant, plus ou moins systématiquement, et en formalisant, dans des carnets ou des journaux, les connaissances accumulées dans la longue fréquentation des groupes au sein desquels ils s’étaient établis.

 

vvvv

Le père Léonard Allaire (1870-1947) et ses esclaves libérés, Brazzaville, Congo, vers 1890. © Archives de la Congrégation du Saint-Esprit.

Ce livre raconte leur épopée et met en avant quelques grandes figures comme le père Henri Trilles (1866-1949) qui, avec des qualités d’explorateur, mena de nombreuses missions en pays fang et publia une grande quantité d’ouvrages et d’articles dans ce domaine, en particulier, Au cœur de la forêt équatoriale. L’Âme du Pygmée d’Afrique (Éditions du Cerf, Paris, 1945); le père Alexandre Le Roy (1854-1938), qui devint Supérieur général de l’ordre, en 1896, et publia, entre autres, La Religion des Primitifs(G. Beauchesne & Cie, Paris, 1909) ou encore le père Constant Tastevin (1880-1962), dont les recherches lui vaudront la reconnaissance du monde savant et qui sera fait chevalier de la Légion d’honneur, en 1927, pour ses travaux en tant que « missionnaire explorateur ethnographique ». Accompagnées de photos et de documents d’archives illustrant l’ampleur des observations anthropologiques et ethnologiques consignées par les Pères dans des carnets, des croquis, et même une revue, les collections de la Congrégation du Saint-Esprit sont ici enfin présentées au grand public dans toute leur diversité et leur richesse.

 

kkk

Le père Camille Laagel (1880-1956) aux côtés d’un « féticheur », Angola, premier tiers du XXe siècle. © Archives de la Congrégation du Saint-Esprit.

Au XIXe siècle, la France connaît un mouvement social de renouvellement spirituel qui traverse toute l’Europe. Revivalisme protestant et renouveau catholique constituent la forme religieuse du romantisme avec Madame de Staël (1766-1817), romancière et philosophe et Benjamin Constant (1767-1830), écrivain et homme politique, du côté protestant, et François René de Chateaubriand (1768-1848), écrivain et homme politique, du côté catholique. Ce « Réveil » veut secouer les Églises de leur torpeur pour qu’elles proclament la bonne nouvelle du salut dans le Christ aux hommes du monde entier. La France est alors sillonnée par les évangélistes britanniques et suisses venus soutenir, dans les églises protestantes, les groupes qui prient pour les missionnaires envoyés dans le monde par des Sociétés de mission, notamment la Société missionnaire de Londres (LMS), fondée en 1795, et la Mission de Bâle, fondée en 1815. En France, le 4 novembre 1822, la Société des missions évangéliques de Paris (SMEP) est créée dans le but de « propager l’Évangile parmi les païens et autres peuples non chrétiens ». Son premier comité est « interdénominationnel » (réformé, luthérien, indépendant) et international (français, suisse, américain). Après bien des obstacles, en 1829, et sur les conseils de John Philip (1775-1851), surintendant de la LMS en Afrique du Sud, le comité parisien ordonne ses trois premiers missionnaires — Samuel Roland, Prosper Lemue et Isaac Bisseux — pour le Cap de Bonne Espérance.

La Congrégation du Saint-Esprit est née le 27 mai 1703, sous l’impulsionde Claude-François Poullart des Places (1679-1709), jeune aristocrate breton, avec la création d’un séminaire destiné à des étudiants pauvres qui accepteraient de consacrer leur vie à l’évangélisation. En 1704, l’œuvre compte déjà quarante élèves, en 1709, environ soixante-dix. En 1848, la Congrégation du Saint-Esprit fusionne avec la Société du Saint-Cœur de Marie pour l’évangélisation de l’Afrique, fondée en 1841 par le père François Libermann (1802-1852). Le séminaire va fonctionner sans approbation officielle, ni du roi ni de l’évêché qui pourtant leur accordent des subventions. La congrégation obtiendra ses premières lettres patentes de Louis XV, le 2 mai 1726, lettres qui ne seront enregistrées qu’en 1734 par le Parlement. Louis Bouic (1684-1768), troisième supérieur, achète, en 1731, un terrain à l’angle de la rue des Postes (aujourd’hui rue Lhomond) et de l’impasse des Vignes, là où se trouve toujours la Maison mère. Mais, c’est Pierre de La Rue (1688-1779), abbé de l’Isle-Dieu et aumônier général des colonies de la Nouvelle-France, qui va faire sortir de France la congrégation. Plusieurs prêtres formés au séminaire du Saint-Esprit et recrutés par lui, partirent en mission au Canada, puis en Guyaneet en Extrême-Orient.

 

jjj.jpg

Le père François-Marie Pichon (1898-1966) en moto, Cameroun, vers 1930. © Archives de la Congrégation du Saint-Esprit.

En ce qui concerne l’Afrique, le séminaire se vit chargé du Sénégal, de façon assez inattendue. Le père Dominique Déglicourt (1741-1807) et le père Jacques-Magdeleine Bertout (1753-1832) s’étaient embarqués au Havre, le 24 avril 1778, sur le bateau à voile Le Marin, à destination de Cayenne. Or, le bateau s’échoua sur le banc d’Arguin, en face de la côte mauritanienne. Les survivants (dont les deux abbés) réussirent à gagner la plage et furent faits prisonniers par les Maures. Vendus aux Anglais qui occupaient alors Saint-Louis, ils exercèrent leur ministère pendant quelques heures avant d’être embarqués vers l’Angleterre. Délivrés par un corsaire français, dans la Manche, ils furent interrogés, à Paris, par le Ministre de la Marine. En les écoutant décrire la faiblesse des moyens anglais, celui-ci décida une expédition pour reprendre le Sénégal. Bertout, malade, resta en France. Déglicourt repartit, s’imaginant aller en Guyane. Il apprit, en cours de navigation, la véritable destination du bateau. La prise de Saint-Louis se fit sans effusion de sang, le 29 janvier 1779. Au moment de la Révolution française, la congrégation fut menacée de disparaître : le 2 novembre 1789, tous les biens ecclésiastiques furent confisqués et, le 18 août 1792, l’Assemblée Législative supprima les congrégations. Le père Bertout assura sa survie. Réfugié en Angleterre pendant les années difficiles et sanglantes de ce mouvement, il revint en France, début 1802, et obtint le rétablissement du séminaire du Saint-Esprit par le décret impérial du 23 mars 1805 (2 germinal an XIII) qui porte la mention expresse de son orientation vers les missions. De nouveau supprimée en 1809, elle fut rétablie, après la chute de l’empereur, par Louis XVIII, par ordonnance du 3 février 1816. Après beaucoup de péripéties et malgré l’opposition du ministre des cultes, le père Bertout réussit à racheter les anciens locaux du séminaire du Saint-Esprit. Cet accord est ratifié par l’ordonnance royale du 21 décembre 1819 qui précise que la congrégation est spécialement chargée de fournir les prêtres nécessaires au service paroissial dans les colonies. Aujourd’hui, avec environ deux mille six cent religieux et associés laïcs, les Spiritains sont présents à travers les cinq continents et dans soixante-cinq pays.

h

Le frère Mathias Schmitt (1875-1957) et son éléphant Fritz traînant une bille de bois, lagune Fernan Vaz, Gabon, vers 1910-1920. © Archives de la Congrégation du Saint-Esprit.

La première mission au Gabon remonte à 1844, puis les Spiritains reçoivent la mission du Congo, en 1865, s’installent à Ambriz (Angola), en 1866 et à Linzolo (République du Congo), en 1883, Mgr Hippolyte Carrie (1842-1904) ayant signé, en 1882, avec le roi du Loango, un contrat pour une centaine d’hectares. Le père François Libermann avait donné pour consigne aux pères qui partaient évangéliser ces contrées : « […] de se dépouiller de l’Europe, de ses mœurs et de son esprit et de se faire africains avec les Africains ». Ils s’y employèrent, explorant des territoires de plus en plus vastes. Ses membres y vivaient aux côtés de populations dont ils apprenaient les langues et dont ils découvraient les coutumes et les rites. Ils recueillirent sur le terrain des informations pour les ethnologues et collectèrent des œuvres qu’ils ramenèrent en Europe. La congrégation constitua ainsi, au fil du temps, d’importants ensembles qui resteront pourtant largement méconnus. Bien sûr, cette collecte n’était pas exempte des préjugés de l’époque. « Au nom du Dieu Tout-Puissant » : ces mots introduisent le traité de Berlin (1885), qui devait présider à la colonisation de l’Afrique. Ainsi, Britanniques, Français, Allemands, Belges, Portugais et Italiens se lancèrent dans l’intérieur du continent, au prix de quelques guerres contre les royaumes africains et d’incidents diplomatiques entre les États européens, dont le plus significatif fut celui qui opposa la France au Royaume-Uni, en 1898, à Fachoda, au Soudan.

dr

Le père Léonard Allaire (1870-1947) et ses forgerons, Bessou, Congo, vers 1895. © Archives de la Congrégation du Saint-Esprit

Si les premiers missionnaires étaient convaincus que leur civilisation était plus apte que les autres à promouvoir le bien-être des populations, ils étaient en même temps conscients quant à l’unité de l’espèce humaine et du caractère universel de l’Évangile. En France, la Mission devint populaire à travers ses réalisations : soigner les malades, améliorer le rendement agricole pour combattre la malnutrition, construire des maisons salubres, scolariser les enfants, sont des interventions qui changèrent profondément la vie des populations, avec des effets éminemment positifs, mais aussi de profondes perturbations identitaires dont on ne pouvait immédiatement mesurer les effets à long terme. Peu sensibilisés aux valeurs culturelles qui leurs étaient étrangères, ils ne furent pas toujours suffisamment attentifs à la légitimité des traditions ancestrales qui avaient permis la survie des groupes humains dans lesquels ils s’ingéraient. L’exposition coloniale de Paris, en 1931, ne soulève guère de protestation dans la population à l’égard de la colonisation qui s’y trouve magnifiée. En Europe, les gens manquaient d’informations sur les massacres, les rébellions noyées dans le sang, les déplacements de population ou les travaux forcés infligés aux récalcitrants… De nombreuses œuvres africaines ramenées furent présentées au public pour attester du caractère supposé « primitif » ou arriéré des coutumes et des croyances africaines. Certaines représentations de l’Afrique proposées alors peuvent être jugées racistes, paternalistes et ethnocentriques. Elles suggèrent souvent l’infériorité des Africains, leur besoin d’être « civilisés » et, avant tout, évangélisés. À l’époque, elles suscitèrent néanmoins la charité chrétienne, grâce aux récits des missionnaires qui trouvèrent écho, à leur retour, auprès du public, parcourant les paroisses, les écoles et les collèges, organisant des conférences et des expositions et publiant leurs récits de voyage dans des journaux, comme la Revue des Missions CatholiquesLe Devoirou L’Action catholique.

 

ddd

Mgr Prosper Augouard (1852-1921) avec le chef Bétou faisant le « pacte de sang », Oubangui, 1892. © Archives de la Congrégation du Saint-Esprit.

Les spiritains conservent encore mille cinq cents pièces qui constituent un témoignage exceptionnel de la vie, des traditions, de l’art et des croyances des populations d’Afrique équatoriale à la fin du XIXsiècle et au début du XXe  siècle. Conscients de la nécessité de protéger ce patrimoine unique et de le rendre accessible, la Congrégation a souhaité réunir ces objets dans un nouveau musée adapté aux standards modernes de conservation et d’accueil, dont elle a confié la réalisation à l’agence NeM architectes, à Allex, dans la Drôme. « Ces œuvres doivent être les intermédiaires d’un dialogue différent avec l’Afrique. Ce sont les représentants d’une culture que l’on n’a peut-être pas su découvrir dans le passé et qui a encore de grandes choses à nous dire. », observe le père François Nicolas, en charge du projet.

Musée spiritain des arts africains

Communauté Saint-Joseph

4, Montée de la Butte

26400 Allex

AFRIQUE, à l’ombre des dieux

Collections africaines de la Congrégation du Saint-Esprit

Œuvre collégiale publiée en français sous la direction de Nicolas Rolland par les éditions Somogy, Paris, 2017. ISBN 978-27572-1166-3. Format : 25 x 28,5 cm, 216 pp., 3 cartes, 104 ill. coul., dont 59 pl. et 109 N/B, dont 27 pl. Relié : 39 €.

Bamileké, Camerun, chasse-mouches regale con figura di leopardo (panthera pardus)

Lo chasse-mouches, al di là della sua utilità facilmente intuibile stante la natura dei luoghi, rappresenta per alcune popolazioni, ed in particolare per quelle camerunensi, un vero e proprio oggetto di prestigio, autorità e potere. Sia tra i Bamileké che i Bamum, l’altra etnia principale del Camerun, questo oggetto era riservato ai capi, ai dignitari di corte e, come appare in un altro articolo, perfino il re King Ibrahim Mbouombouo Njoya (1860–1933), del Regno Bamum,  forse il re più importante d’Africa al tempo del colonialismo,  lo esibiva al punto di apparire in fotografia tenendolo tra le mani. (https://artidellemaninere.com/2015/04/02/i-sassolini-di-pollicino/)

 

Bamileké tre quarti

 

Epoca fine XIX sec. Legno, cuoio, corda, crine animale

Misura lunghezza tot. Cm. 86,  figura cm. 6,5

Coll. Privata, Italia

Provenienza

Vecchia coll. Francese

Gall. Olivier Larroque

Esposizioni

Parcours des Mondes, 2018, Parigi

Pubblicazioni

Olivier Larroque, “Microcosmos. African Miniature”, pag.57, Nimes.

 

 IMG_1080Bamilekè muso

«Tous les objets sculptés à figuration de panthère sont la propriété de droit du fon, [qui] se désigne lui-même comme la panthère nomgwi [et se distingue comme] un membre influent de la société des hommes-panthères Peh-nomgwi » (Perrois et Notué, Rois et sculpteurs de l’Ouest Cameroun. La panthère et la mygale, 1997, p. 120).

“La panthère s’impose aussi comme un symbole de puissance des plus importantes institutions liées, en pays Bamiléké, à la royauté : la société secrète du ku’n’gan et celle du kè, dont les rituels “les plus anciens datent au moins du XIVe siècle” (idem, p. 95). De cette dernière relève la croyance totémique dans le pi – double animal d’une personne humaine.

 

Chiefs from the Dschang district with feathered hat-like head finery , 1905 ca.fon-camerounre-di-dschang-postcard-1900

Dignitari dell’antico Camerun con il rituale chasse-mouches simbolo di autorità.

 

Les personnalités contractant, lors de l’initiation, une alliance avec une panthère pi vivant en brousse sont les membres de la famille royale et les guérisseurs gheghè, associés à la création de statuettes mu’po” (Courtesy Sotheby’s).

“Les notables ou les bambombok des diverses familles se réunis saient auprès du futur chef de village. Ils le revêtaient d’une peau de panthère, lui mettaient sur la tête une couronne en liège de bambou, surmontée de plumes de paon, de perroquet ou d’aigle. Ils lui donnaient un chasse-mouches, un sabre de fabrication indigène. Ils lui souhaitaient courage, justice et vie longue. Le chasse-mouches symbolisait l’équité, le sabre la bravoure. Le chasse-mouches s’appelait «djouaï», le sabre «nsek njel », ce qui veut dire «barre-passage, coupe-chemin»”. Pouka Louis-Marie. Les Bassa du Cameroun. In: Cahiers d’outre-mer. N° 10 – 3e année, Avril-juin 1950, pp. 153-166.

 

Bamileké parte posteriore

 

Voir Homberger (Cameroun, Art and Kings, 2008, p. 192) pour une figurine animalière, acquise en 1912 par le Reiss-Engelhorn-Museum de Mannheim (inv. n° IV AF 5182), associée par Geary et Koloss à une statuette mu’po (Courtesy Sotheby’s).

 

Bamileké primo piano

 

A cura di Elio Revera

 

Bamileké bianco nero

 

 

 

 

Casta diva